Puis-je tester votre référencement sur deux mois ?

La phrase qui en dit long sur le niveau de connaissance de l’interlocuteur:

« Puis-je tester votre offre de référencement gratuitement sur deux mois? »

Je pense que la réponse devrait être:

« Oui, je peux aussi vous proposer des poussins à l’essai, je suis sûr que d’ici deux semaines vous pourrez compter les oeufs qu’ils pondront… »

Faut-il prendre le risque d’être impopulaire pour réussir sur le Net ?

Une fois de plus, il semble que la question soit incongrue, tant il est vrai que la popularité est considérée comme l’un des fondements essentiels de la réussite en ligne. Qu’il s’agisse d’être reconnu (et référencé !) par ses pairs pour mieux séduire les moteurs de recherche – Google en tête – ou encore de s’assurer les bonnes grâces des internautes en se pliant à leurs attentes (caprices ?), il paraît difficile de s’affranchir de cette notion de popularité.

Et pourtant, il en est parfois de la « Net-economy » comme de la politique. Après avoir misé sur la faveur populaire pour atteindre la position qu’on souhaitait, il faut savoir ensuite prendre les décisions nécessaires à l’aboutissement du projet qui nous a porté sur la place. Quitte à devenir quelquefois impopulaire.

Le principe est d’autant plus vérifiable dans le cadre d’une reprise de site internet (qui, de temps en temps, revient quasiment à reprendre une petite entreprise). Les clients, les collaborateurs, les « fournisseurs » sont habitués à un modus operandi qui, même s’il a parfois mené l’activité à sa perte, ne les conforte pas moins dans l’idée rassurante que les choses vont toujours mieux si on n’y touche pas. Or, le plus souvent, les responsables d’un site ne sont pas les seuls éléments qu’il convient de changer pour inverser une tendance catastrophique. Et c’est là que le repreneur endosse le plus souvent le rôle du méchant, car il est amené à changer les habitudes et les méthodes de travail pour rationaliser l’activité. Et la perréniser.

La bonne nouvelle, c’est que s’il s’y prend bien, et si l’objectif visé est atteint rapidement, alors la relative impopularité dont il a « bénéficié » au moment de certains choix stratégiques ne dure pas bien longtemps. Mieux encore, lorsque les résultats démontrent la pertinence de l’action honnie, il n’est pas rare qu’il bascule brusquement du statut de vilain petit canard à celui de chevalier blanc. Et ce sont souvent ceux qui brandissaient les fourches à son passage qui, une fois leur nouveaux intérêts assurés, se mettent à l’encenser et à le considérer publiquement comme un visionnaire, un manager de talent, voire même… comme un génie ! Certains fora regorgent de ces revirements de situation, aussi cycliques que cocasses, au gré des réformes (impopulaires) et des résultats (favorables) qui émaillent la vie d’un site.

Mais il y a aussi un mauvais côté, c’est que si les objectifs sont plus longs à atteindre, ou si le responsable se heurte à une résistance plus forte que celle à laquelle il s’était préparé (collaborateurs qui ne veulent pas qu’on change leurs habitudes, concurrents qui se délectaient déjà de la perspective de voir le site disparaître de la scène, clients vindicatifs qui cherchent à faire « payer » d’une manière ou d’une autre leurs frustrations diverses et qui ne lui laisseront aucune chance…), alors il pourrait être contraint d’abandonner la partie et de quitter l’arène sous les huées du public. Avec en prime la possibilité d’être « grillé » pour un bout de temps dans le secteur.

Une sorte de « Quitte ou double », mais guère différent de la prise de risques habituelle dans les autres secteurs de l’économie, notamment ceux qui se caractérisent à la fois par leur dynamisme, leur volatilité et un potentiel énorme.

Finalement, la seule chose vraiment importante, ce n’est pas de savoir s’il vous faut prendre le risque d’être impopulaire pour réussir, mais plutôt si vous en aurez le courage. Car comme en alpinisme, même s’il existe différentes manières d’atteindre le sommet, la voie la plus escarpée et la plus dangereuse reste aussi la voie la plus gratifiante et la plus noble.

Etes-vous conscient que votre site est en péril ?

La mode est au référencement. Tout le monde en parle, tout le monde y pense et on appelle référencement même ce qui n’en est pas (non, le terme « référencement publicitaire » n’existe pas et n’est que de la publicité contextuelle).

Par contre, faites-vous partie de ces gens qui ont oublié qu’il existe d’autres sources de trafic et d’autres moyens pour faire connaître un site ? Faites-vous partie de ces gens pour lesquels 80% du trafic provient des moteurs de recherche ?

Que ferez-vous le jour où Google (ou un autre moteur) ne vous « aimera » plus ? Vous ferez comme font en moins de 3 ans la moitié des sociétés créées en France: vous disparaîtrez…

Etre dans les moteurs n’est pas un droit. Que derrière soient des algorithmes ou des humains, vous n’êtes pas celui qui décide de la présence de votre site ou non.

Oseriez-vous ouvrir un commerce et dépendre uniquement d’annonces dans le journal gratuit pour assurer vos ventes ?

Pourquoi le faites-vous sur Internet ?

Quand un site ne s’appelle pas un site

Mes vagabondages sur le Net m’ont amené à croiser un message de Laurent Gloagen du blog Embruns repris par Loïc Le Meur que certains auront aperçu ces derniers temps sur les chaînes de télévision de France et de Navarre.

De quoi y parle-t-on ? Simplement du fait qu’un blog n’est pas toujours un blog mais parfois un carnet Web.

Vaste sujet.

Par contre j’avais un peu le sentiment qu’un blog était une technologie de publication sur Internet ou au mieux une mise en forme de site et non un produit à part entière. Donc un blog est pour moi un site Internet. Comme une boutique en ligne est avant tout un site, un forum est un site Internet, etc…

Après tout, une berline ou un 4×4 restent des voitures, même si la forme change légèrement.

Néanmoins s’ils ont raison, alors je voudrais renommer ce site non pas « blog » mais « registre de notes éparses ». C’est vrai quoi: ce site mérite d’être dans une catégorie à part entière !

Le retour des erreurs de jeunesse

Depuis quelques temps j’ai un peu le sentiment d’avoir transité par un tunnel spatio-temporel qui m’aurait ramené quelques années en arrière, à la grande époque de la bulle Internet.

De nouveau, je vois passer de nouveaux concepts sans aucune réflexion derrière.

De nouveau, je reçois des emails de personnes que je ne connais pas qui me disent « ce que vous faites est nul, mon site existe depuis deux semaines et j’ai 150000 visiteurs par heure ».

De nouveau, je constate que le business plan de certains se limite à « j’essaie d’avoir le maximum de trafic et ensuite je vais vendre mon site ».

De nouveau, j’écoute des webmasters me dire qu’ils vont devenir riches en révolutionnant Internet.

De nouveau, j’entends des rumeurs comme quoi je suis « has been ».

Soyons clairs entre nous. Si votre site vous rend riche, je suis fort heureux pour vous. Par contre vous rend-il réellement riche ?

L’erreur la plus courante qui a re-surgi ces derniers temps est la misinterprétation du chiffre d’affaire en tant que profit.

Petit calcul simple:

Vous vendez 15 euros TTC franco de port une cartouche pour imprimante. Elle vous coûte auprès de votre fournisseur 5 euros, votre marge est donc de 10 euros.

Cependant il ne s’agit là que de votre marge brute et ce n’est pas forcément la réalité.

Voyons ce qui se cache derrière:

Coût d’achat de la cartouche: 5 euros Frais de livraison de votre fournisseur: 30 euros pour 60 cartouches, donc 0.50 euros par cartouche. Frais de livraison au client (inclut une enveloppe à bulle et une étiquette): 1 euro. Frais Google: 0.15 cts par clic, 100 clics pour une vente, donc 15 euros par vente. TVA: 19.6% de 15 euros = 2.94 euros

Total: 24.44 euros.

Je ne parle même pas des frais d’électricité, de ligne Internet et de local. Vous allez me dire « je travaille de chez moi donc cela ne coûte rien » et je vous répondrai que vous avez tord…

Quoi qu’il en soit, sur cette vente vous venez de perdre près de 10 euros.

Si vous faites 10 ventes, vous perdez donc 100 euros et sur 100 ventes 1000 euros.

Par ailleurs, où est votre salaire ?

Un business sur Internet est avant tout un business. Internet n’est pas un lieu hors de la réalité, les règles habituelles de calcul s’appliquent…

Si vous avez des informations qui peuvent me faire changer d’avis, je suis tout ouïe.

38% des sites ne servent à rien

Une étude de Vérisign, la société qui gère les .com et .net au niveau mondial, indique qu’il y a 63 millions noms de domaine en .com et .net.

Parmi ces noms, 24% sont des domaines parqués. Un domaine parqué est un nom de domaine qui a pour contenu une seule page qui ne contient que des liens PPC (Google adwords ou similaire).

14% des noms de domaine étudiés ne mènent nulle part.

Conclusion: 38% des sites en .com et .net ne servent rien et 24% servent spécifiquement à polluer Internet.

Le .fr est-il le nouvel Eldorado pour les activités illégales ?

Depuis l’ouverture du .fr aux particuliers, il me semble que les domaines en .fr sont probablement le meilleur choix si vous avez l’intention de vous livrer à des activités illicites.

En effet, outre le fait que l’AFNIC revendique de ne pas avoir de regard sur le contenu des sites, ce qui peut paraître légitime mais un peu limité quand on voit les noms de certains noms de domaine enregistrés (par exemple zoophile.fr), il est important de savoir que quand un particulier enregistre un nom de domaine en .fr, son identité est secrète.

Dans la base Whois (la base qui montre le nom et coordonnées du propriétaire d’un nom de domaine), un particulier est simplement nommé: « Ano Nymous » avec comme adresse email « anonymous@nowhere.xx.fr » (qui bien entendu ne donne rien).

Je ne polémiquerai pas sur la question de savoir pourquoi une association franco-française a choisi un terme anglais et non pas l’équivalent français (oui, « anonyme » existe bien).

Par contre je constate de nombreux soucis avec cette politique du masquage:

1- quelqu’un qui achète un nom de domaine en .fr n’est jamais sûr que celui-ci lui appartient. Qu’est-ce-qui empêche un prestataire peu scrupuleux ou peu compétent de l’enregistrer au nom de quelqu’un d’autre ? Les informations publiques seront les mêmes.

2- en cas de détournement de marque ou tout autre usage illégal d’un nom, il est impossible de retrouver le propriétaire du nom.

3- le particulier n’est même pas identifié par un code sur le whois, il est donc impossible de savoir si une même personne possède plusieurs noms similaires ou associés.

En résumé, si vous enregistrez des noms de domaine en .fr, assurez-vous de les prendre à titre personnel: vous éviterez de nombreux soucis si un jour vous décidez de faire des actes illégaux: personne ne saura qui vous êtes…

Maxime

Quand la pub nous fait tourner en rond

Avec leur étrange faculté à accumuler les désagréments en cascade, les malchanceux ont inventé le cercle vicieux. Bien assis sur leurs théories qui se démontrent elles-mêmes, les économistes nous ont apporté le cercle vertueux.

Les webmasters, quant à eux, par l’usage pour le moins ambigü qu’ils ont fait de la publicité, ont créé le cercle virtuel. Lequel emprunte d’ailleurs largement aux deux autres la plupart de ses caractères…

Imaginons un instant que vous soyez l’heureux propriétaire d’un site internet présentant de la publicité sous forme de bannières.

Aspect vertueux du cercle virtuel : plus vous faites la promotion de votre site internet, et plus vous avez de chances que les internautes viennent nombreux visiter vos pages. Et, par la même occasion, qu’ils affichent les bandeaux qui s’y trouvent, voire même qu’ils cliquent dessus, accroissant du même coup l’intérêt de votre site aux yeux des annonceurs. Ainsi, en vous débrouillant bien, l’investissement que vous consentez à la publicité de votre propre site peut être très largement compensé par les revenus que vous générez en faisant de la publicité pour les autres. Quelques utilisateurs de la régie publicitaire de Google l’ont bien compris et ont d’ailleurs mis au point une sorte de « martingale » dont l’objectif est de gagner de l’argent (et même parfois beaucoup d’argent) en optimisant le rapport entre dépenses de publicité et gains tirés d’une promotion très ciblée.

Aspect vicieux du cercle virtuel : plus les internautes cliquent sur les bannières de votre site et, forcément, moins ils le visitent. Chaque clic vous fait gagner quelques centimes d’euro, mais vous fait également perdre un visiteur. Les bannières sont donc autant de trous qui laissent échapper les internautes que vous avez parfois eu beaucoup de mal à faire venir chez vous. En ce sens, certains sites sont devenus de véritables passoires, ou plus exactement une sorte de filtres qui, au gré des bandeaux, redirigent les internautes vers d’autres sites. Une épuisante course à l’audience est alors engagée : pour pouvoir justifier auprès des annonceurs un certain intérêt à être présent sur leurs pages, les webmasters se démènent pour attirer chaque jour davantage de visiteurs. Lesquels iront aussitôt s’egayer vers les sites des annonceurs, amputant ainsi d’autant les statistiques du site éditeur. Et obligeant ce dernier à accentuer encore son effort en vue de les maintenir à un niveau acceptable. Un peu comme s’il suffisait d’augmenter le débit d’un robinet au-dessus d’une main ouverte pour espérer retenir davantage d’eau au bout des doigts. Peine perdue.

Alors quelle est la solution ? Proposer de la publicité uniquement à l’affichage (ce qui se passe d’ailleurs avec les autres media : journaux, télévision, radio..) ? Difficile, voire impossible, car le pli est déjà donné concernant le clic, et ce serait d’ailleurs se priver du formidable outil de tracking commercial que constitue internet. Multiplier les contenus intéressants pour retenir les internautes un peu plus longtemps sur le site éditeur ? Ou tout au moins les inciter à visiter davantage de pages avant d’aller exprimer leur infidélité sous d’autres cieux ? Certains le font déjà, mais les coûts supplémentaires liés à la conception de ce contenu risquent ne gréver un peu plus le budget de fonctionnement de sites qui ont parfois déjà du mal à rentabiliser leur structure actuelle. Et la plupart des sites qui proposent plus de contenu… proposent également plus de publicité.

Bref, on tourne en rond.

En fait, il semble que la tendance actuelle aille vers un contenu de plus grande qualité, à défaut d’être plus copieux. Mais le problème reste entier : si je propose un service suffisamment intéressant pour que mes visiteurs ne soient pas tentés d’aller ailleurs, je gagnerai en audience et en nombre de pages vues… mais je perdrai en revenus publicitaires. Pire encore, je risque d’être de moins en moins sollicité par les annonceurs en raison du fameux « taux de clic », devenu alors désastreux sur mon site. L’aspect vicieux du cercle virtuel est en marche : davantage de qualité dans mes services, donc plus de pages vues sans que les visiteurs aient envie d’aller voir ailleurs, donc un taux de clic en chute libre, donc moins de revenus, donc moins de moyens pour maintenir mes services à terme ; et là, moins de services intéressants égale moins d’attrait pour les internautes, donc moins de visiteurs, donc moins d’affichages de publicité (et donc de clics), donc moins de revenus, etc…

Et on repart pour un tour.

Finalement, peut-être s’agit-il d’une étape normale de l’évolution d’internet. Et comme dans tout processus d’évolution, on trouve des voies sans issue, des branches sans avenir qu’il faudra couper pour que s’épanouisse l’arbre généalogique de l’internet du futur.

Peut-être que nous sommes justement assis sur ce genre de branche…

Et tout ça, ça me donne bigrement envie de changer de métier pour devenir bûcheron virtuel. D’ailleurs, j’ai déjà ma scie… Circulaire, bien sûr.

Bruno.

Les Français ont-ils compris les avantages d’Internet ?

Je viens de recevoir l’appel d’un « partenaire » qui, afin de finaliser l’ouverture de notre compte chez eux, demande un extrait K-Bis.

Pour ceux d’entre vous qui me liraient d’en dehors les frontières francophones, je précise que l’extrait K-Bis est un morceau de papier, émis par l’administration française, qui prouve qu’une société existe, qu’elle est bien immatriculée et qui en reprend les éléments essentiels (date de création, gérant, etc…).

Depuis deux ou trois ans l’administration française permet désormais de télécharger un extrait K-Bis depuis un site officiel, moyennant finances. Il est intéressant de noter que le document ainsi téléchargé n’a « aucune valeur légale »: l’administration vend donc du vent. Le seul document reconnu est celui vendu (nettement plus cher d’ailleurs), qui est envoyé la poste, une fois imprimé par l’imprimante officielle du gouvernement (probablement de marque Bull).

Je m’interroge d’ailleurs sur l’intérêt de ce document dans un monde où Internet est omniprésent. Pourquoi ce partenaire veut-il un extrait K-Bis officiel de moins de trois mois imprimé par l’état et tripoté par les mains de mon facteur alors que les mêmes informations (et plus encore) sont disponibles en temps réel sur http://www.infogreffe.fr (entre autres) ? Voilà: nous venons de gagner deux timbres, sauver un arbre et récupérer 2h de nos vies…

Finalement, n’est-il pas aberrant de prendre ce genre de renseignements au début d’une relation d’affaires et de ne plus s’en soucier par la suite ? Cela me fait penser à tous ces propriétaires qui refusent de vous louer leur appartement parce que vous n’avez pas de jolies fiches de paie, mais qui une fois qu’ils vous ont accepté ne vous demandent même pas une fois tous les 5 ans de confirmer que vous pouvez toujours payer le loyer…

Quand la France entrera-t-elle au XXIe siècle ?

Cordialement,

Maxime

Ecrire correctement sur le Net ne sert à rien !

J’avoue, le titre de ce billet est volontairement provocateur. Et il est évident que mon opinion est tout autre.

Cependant, à discuter avec de nombreuses personnes qui ont fait d’Internet leur principal outil de travail, j’ai fini par comprendre que, pour eux, l’emploi correct de la langue française n’a finalement que peu d’intérêt en comparaison avec le fait d’avoir un site bien construit, une campagne promotionnelle efficace ou encore un réseau d’affiliation conséquent, digne des plus beaux chaluts de grands fonds. Combien de pages d’accueil m’invitent à visiter « cette jolis boutique qui a était fête pour mois » ? Combien de courriers électroniques m’informent que j’ai eu raison de m’inscrire à tel ou tel service en ligne « qui me feras gagnez du tant et de l’argens » ? Et pire encore, combien d’interlocuteurs s’adressent à moi via messagerie instantanée ou forum pour m’expliquer que « G tout intéré a taffé » avec eux car ils sont de loin les plus grands spécialistes (autoproclamés) de leur spécialité, et ce, « bi1 ki soyent encore assé djeun pour kiffé la teuf » ?… Surement à grands coups de champomy-vodka jusqu’à pas d’heure.

Alors certes, tout le monde n’est pas capable de former des phrases à la fois intelligibles et écrites correctement. Mais quand on se replace dans le contexte, il faut tout de même garder à l’esprit qu’on n’a justement QUE l’écrit pour faire passer ses idées, convaincre et communiquer sur Internet. Ca mérite donc un minimum d’effort de ce côté là. Et, à moins de vouloir cibler exclusivement une certaine catégorie d’internautes dont la culture se limite au SMS et aux emissions de télé-réalité, il est indispensable de s’exprimer le plus clairement et le plus « proprement » possible.

Inutile pour autant d’aller s’asseoir dans une bibliothèque cistercienne pour rédiger tous ses messages avec un précis de grammaire sur les genoux. Des phrases simples, mais lisibles par tous, sur lesquelles on aura passé une ou deux minutes supplémentaires pour éliminer les coquilles et les « phôtes d’aurtografe » les plus grossières, constituent déjà une base suffisante pour communiquer en ligne.

Pour certains, l’orthographe n’est qu’un art mineur, indigne de figurer au même rang que certaines matières scientifiques censées être plus utiles aux informaticiens (comme si la science pouvait s’affranchir de rigueur rédactionnelle). Pour d’autres, c’est carrément un « art minable », un truc de vieux qu’il faut justement battre en brêche en s’appliquant consciencieusement à commettre les fautes les plus abominables chaque fois qu’on touche un clavier. A tous ceux-là, je voudrais d’abord dire que la langue française n’est rien d’autre qu’un ensemble de codes et de règles bien précises, qui ne sont pas très éloignées de celles qu’on trouve dans des domaines réputés plus rigoureux (mathématiques, informatique…). Ensuite, la langue française est déjà tellement malmenée à tous les niveaux de la société que ceux qui essaient de prouver leur rebellion en la martyrisant davantage ne font que confirmer, finalement, leur parfaite intégration dans un système global qui méprise la culture et tend à opérer un nivellement par le bas de l’intelligence commune.

Oublions donc les à-priori et les images surranées autour de la langue française. Ecrire correctement est avant tout une première marque de respect envers ceux qui nous lisent, c’est vrai, mais c’est aussi une force pour celui qui veut faire passer un message. Et surtout c’est la meilleure façon de vendre. Car s’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s’accorde au sujet du nouveau modèle économique né avec Internet, c’est que vendre est encore plus difficile que dans le monde réel.

Du point de vue des consommateurs, les repères commerciaux ont changé. A défaut de pouvoir toucher ce qu’on leur propose, ou de discuter en vis-à-vis avec le commerçant, leur confiance doit s’appuyer sur de nouveaux critères, plus ou moins subjectifs, au nombre desquels figure principalement l’appréciation de ce qu’ils voient (et de ce qu’ils lisent !) sur leur écran. Ainsi, lorsqu’il s’agit pour eux d’acheter en ligne, s’ils ont le choix entre deux boutiques, l’une truffée de fautes et l’autre présentant ses produits dans un français correct, à qualité et conditions égales ils privilégieront cette dernière. Simplement parce qu’en comparaison avec l’autre boutique, elle leur donnera l’impression d’être gérée par des gens sérieux, organisés et professionnels. C’est ce qu’on appelle la confiance induite : ce n’est pas objectif, et rien ne dit qu’on n’a pas affaire à des margoulins en réalité. Mais le fait est qu’ils se vendent bien, sachant tirer parti de leur vitrine, à l’instar des commerçants de quartier dont parlait Gautier Girard dans l’un de ses précédents billets.

Et s’il y a bien un paradoxe dans tout cela, c’est que de très nombreux internautes vont justement choisir cette boutique à cause du sérieux qu’elle dégage par sa façon de communiquer. Même et surtout ceux qui, de leur côté, n’accordent aucun intérêt à bien écrire pour leur propre compte…

Bonne (re-)lecture

Bruno