Fort de ce succès, un appel à questions a été lancé et les référenceurs (et le grand public) sont invités à soumettre des propositions de questions qui seront intégrées dans le corpus des 400 questions officielles.
Ce concept est intéressant et montre une approche communautaire, cependant les bonnes nouvelles s’arrêtent là. L’association a en effet pris une décision qui, à mon avis, met en péril tout le projet:
Les questions ne seront pas publiques.
Voici les raisons pour lesquelles il s’agit d’une erreur majeure et potentiellement fatale:
La qualité des questions ne peut pas être vérifiée de façon indépendante: si une question est mal formulée et est sujette à interprétation, certaines réponses seront fausses sans raison.
La neutralité des questions n’est pas assurée: rien ne garantit que les questions ne seront pas orientées vers une certaine approche du référencement. Par exemple, le jeu des questions peut favoriser un moteur plutôt qu’un autre ou encore des techniques white-hat plutôt que black-hat.
Il est impossible de se préparer à l’examen: les questions ne sont pas connues (au contraire du code de la route) et ne reposent pas sur des connaissances formelles (il n’y a pas de livre exhaustif regroupant ce qui est « bon» en référencement). Le résultat est que même en ayant plusieurs années d’expérience dans le domaine ou si l’on a lu plusieurs livres sur le sujet, savoir si on est à niveau ou pas est impossible.
Le domaine est sujet à interprétation: quelle est la réponse à la question « tous les combien de temps dois-je soumettre mon site ?» ou encore « en combien de temps les résultats sont-ils visibles ?»
Il est impossible d’évaluer le niveau des questions. Les auteurs ne sont pas eux-mêmes certifiés, comment peut-on vérifier que les questions sont du bon niveau ?
Je crois que cette certification est une bonne idée, mais manque de préparation. Il est impossible de certifié sur un sujet si on ne donne pas une base de connaissances (un livre, une formation …) ou si on ne permet pas d’apprendre les questions.
J’espère que l’association prendra conscience de son erreur et la corrigera avant les premiers examens. Dans le cas contraire, cette certification en plus d’être non officielle et non reconnue sera sans valeur.
D’après Google, il y a 4 530 000 pages en français pour la requête « expert internet» .
Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que cela fait beaucoup d’experts.
Voici quelques astuces pour reconnaître un gourou d’un imposteur:
Un expert doit avoir de l’expérience. Une étude scientifique parue en 1993 indique qu’il faut 10000 heures de pratique pour devenir un expert. A raison de 8h par jour, 5 jours par semaine, cela veut dire 5 ans d’expérience active dans un domaine. Est-ce que votre expert peut justifier de cela ?
Un expert doit être identifiable. Quelqu’un qui se cache derrière un pseudo, qui a peur d’indiquer des références ou de donner un numéro de téléphone est probablement un imposteur.
Un expert doit se limiter à son sujet. Si vous demandez au prix Nobel de Chimie son avis sur le référencement de votre site, il est probable que cela n’ait aucune valeur. Pourtant il est bien un expert. De la même façon, demander son avis sur l’ergonomie de votre site à un référenceur n’est probablement pas une bonne idée.
La communauté d’experts doit partager le point de vue de l’expert. Cela ne veut pas dire que votre expert ne peut pas avoir sa propre approche et sa propre opinion, mais simplement que si la majorité des 90% des autres experts sur un sujet pensent le contraire, il est fort possible que votre expert ait tord.
Un expert doit être indépendant. Si vous faites appel à un expert pour avoir son avis sur un sujet, il ne doit pas être celui qui va exécuter le travail. Un audit ne peut pas être impartial s’il est établi par la personne qui va faire le travail et qui a donc intérêt à avoir une longue liste de choses à retravailler.
Un des problèmes majeur rencontré par les référenceurs est d’expliquer au grand public ce qu’ils font. Certains se contentent d’un « je travaille dans l’informatique» et d’autres de « je mets les sites Internet en haut de Google» .
Un problème encore plus gênant est lors de la discussion avec un employeur potentiel. Comment lui expliquer votre valeur ? Comment lui démontrer que vous savez de quoi vous parlez ? Comment lui prouver que vous êtes le meilleur choix pour le poste ?
D’après Jakob Nielsen de http://www.useit.com , il y a maintenant plus de 100 millions de sites web avec une évolution actuelle de 25% par an.
Cela veut dire que d’ici 2010, il y aura plus de 200 millions de sites sur la toile.
Qu’est ce que cela signifie pour vous ? Selon votre point de vue deux choses opposées:
1- si vous êtes internaute, c’est une très bonne nouvelle. Plus il y a de sites sur Internet, plus vous avez de chance de trouver des sites qui répondent à vos questions ou vous procurent les sensations que vous recherchez (par exemple des sites de jeux comme http://www.ludosnack.com ).
2- si vous êtes webmaster, c’est une très mauvaise nouvelle. Plus il y a de sites sur Internet, plus vos concurrents sont présents en ligne et donc moins vous avez de chance de vous faire une place sur la toile.
Avec 100 millions de sites, est-il encore possible de se positionner sur les moteurs de recherche ? Tout dépend si vous savez ce que vous faites ou pas. Et par ces mots, je n’entends pas « êtes-vous au fait des dernières astuces colportées par je ne sais quel site» , mais plutôt « avez-vous conscience de devoir proposer quelque chose de différent ?»
En 1995, n’importe qui pouvait être premier sur Yahoo avec la réquête voiture. Il suffisait de créer un site à ce sujet et comme vous étiez le seul, vous vous retrouviez catapulté en première place.
En 2006, si quelqu’un demande à un référenceur d’être premier sur Google sur le terme « voiture» , j’espère que le référenceur est suffisament intelligent pour raccrocher immédiatement le téléphone.
D’ailleurs, l’élargissement d’Internet ne signifierait-il pas la mort des référenceurs ?